« Publie en anglais, tu toucheras plus de monde. » C'est le conseil LinkedIn le plus répété sur les marchés non anglophones, et il a l'air évident. LinkedIn est une plateforme américaine, l'anglais est la langue des affaires, et un post en anglais peut en théorie être lu par tout le monde.
Nous l'avons donc testé. Nous avons comparé les posts écrits en anglais aux posts écrits dans la langue locale, pays par pays, sur le seul indicateur qui neutralise la taille de l'audience : le taux d'engagement.
La réponse utile : ça dépend de votre marché, et la coupure est nette. Dans le nord de l'Europe, publier dans votre langue gagne, souvent largement. Dans le sud, c'est l'anglais qui gagne. Deux pays finissent presque à égalité.
Il n'y a pas de règle universelle ici, et quiconque vous en vend une vous vend autre chose. Commencez par le tableau.

Le tableau complet : 8 pays, deux langues chacun
Voilà toutes les paires que nous avons mesurées. Pour chaque pays, nous avons comparé les posts écrits en anglais aux posts écrits dans la langue locale, et nous les avons classés sur le taux d'engagement médian, c'est-à-dire le nombre médian de likes divisé par le nombre d'abonnés de l'auteur, exprimé en pourcentage. Nous prenons la médiane, jamais la moyenne, pour qu'une poignée de posts viraux ne puisse pas déformer l'image.
Pays | Langue | Posts mesurés | Likes médians | Taux d'engagement médian (rapporté aux abonnés) |
Allemagne | Allemand | 12 905 | 56 | 0,63 % |
Allemagne | Anglais | 15 562 | 54 | 0,38 % |
France | Français | 174 299 | 25 | 0,54 % |
France | Anglais | 9 022 | 25 | 0,43 % |
Pays-Bas | Néerlandais | 5 103 | 28 | 0,53 % |
Pays-Bas | Anglais | 10 610 | 33 | 0,39 % |
Danemark | Danois | 3 185 | 33 | 0,52 % |
Danemark | Anglais | 2 961 | 40 | 0,44 % |
Italie | Anglais | 2 151 | 27 | 0,59 % |
Italie | Italien | 3 888 | 18 | 0,32 % |
Espagne | Anglais | 7 090 | 38 | 0,49 % |
Espagne | Espagnol | 5 130 | 33 | 0,27 % |
Brésil | Portugais | 9 079 | 27 | 0,26 % |
Brésil | Anglais | 864 | 8 | 0,23 % |
Indonésie | Anglais | 1 404 | 18 | 0,27 % |
Indonésie | Indonésien | 2 844 | 17 | 0,22 % |
Descendez les paires pays par pays et un motif saute aux yeux tout de suite. Le continent se coupe en deux.
Le nord : publiez dans votre langue, l'écart n'est pas serré
En Allemagne, en France, aux Pays-Bas et au Danemark, la langue locale gagne sur le taux d'engagement, et en Allemagne l'écart est brutal.
Allemagne. C'est le plus gros écart de toute l'étude. Écrire en anglais vous coûte à peu près un tiers de votre taux d'engagement, et l'indice qui trahit tout, c'est que ça se produit alors même que les likes médians bruts sont quasi identiques (56 en allemand, 54 en anglais). Autant de likes, beaucoup moins par abonné : le fil allemand récompense l'allemand, tout simplement.
France. Mêmes likes médians des deux côtés (25 chacun), et pourtant les posts en français convertissent leurs abonnés en engagement plus efficacement : le français gagne sur le taux. La France est aussi le pays où le volume penche le plus, 174 299 posts en français contre seulement 9 022 en anglais, un fil qui tourne presque entièrement en français.
Pays-Bas. Le cas intéressant, parce que les likes bruts et le taux se contredisent. Les posts en anglais récoltent plus de likes bruts que les posts en néerlandais, mais les créateurs néerlandais qui publient en anglais ont souvent des audiences plus grandes et plus internationales, si bien que ces likes sont étalés plus fin. Par abonné, le néerlandais gagne nettement.
Danemark. Même inversion qu'aux Pays-Bas : les posts en anglais tirent plus de likes bruts mais un taux d'engagement plus faible, parce qu'ils sont rapportés à des audiences plus grandes. Le danois remporte le match par abonné.
Le nord raconte toujours la même histoire : si votre audience est sur ces marchés, votre langue bat l'anglais dès qu'on rapporte l'engagement aux abonnés. Et en Allemagne comme en France, l'écart n'a rien de marginal.
Le sud : l'anglais gagne
Passez en Italie et en Espagne, et le résultat s'inverse franchement.
Italie. L'anglais fait presque le double du taux d'engagement de l'italien, et il gagne aussi sur les likes bruts (27 contre 18). En Italie, le post en anglais est le meilleur choix sur les deux tableaux à la fois.
Espagne. L'anglais gagne sur le taux comme sur les likes bruts. Les posts LinkedIn en espagnol affichent le taux d'engagement le plus bas de toutes les paires de l'étude, le plancher du tableau, ce qui rend l'argument pour l'anglais particulièrement tranché ici.
Le conseil qui vous coûte un tiers de votre engagement en Allemagne le double donc à peu près en Italie. C'est pour ça qu'une règle mondiale unique est impossible : la bonne réponse à Milan est la mauvaise réponse à Munich.
Les quasi-égalités : Brésil et Indonésie
Deux marchés refusent de choisir un camp, et ils méritent d'être signalés.
Brésil. Le portugais devance l'anglais, 0,26 % contre 0,23 %, un écart assez faible pour parler de quasi-égalité sur le taux. Mais regardez les likes bruts et le volume : les posts en portugais récoltent 27 likes médians contre seulement 8 pour l'anglais, et nous avons mesuré 9 079 posts en portugais contre seulement 864 en anglais. Le maigre échantillon anglais au Brésil est un signal en soi : très peu de créateurs tentent le coup, et ceux qui le font ne prennent pas l'avantage.
Indonésie. L'anglais devance l'indonésien, 0,27 % contre 0,22 %, quasi-égalité là aussi, avec l'anglais à peine devant sur les likes bruts également (18 contre 17). Le fil anglophone indonésien est un peu le plus fort des deux, mais la marge est assez faible pour que la conviction compte plus que la langue.
Pourquoi cette coupure ? Deux hypothèses (annoncées comme telles)
Nous avons les chiffres ; le pourquoi relève de l'interprétation, alors traitez les deux paragraphes qui suivent comme des hypothèses, pas comme des résultats.
Hypothèse 1 : la densité de la communauté professionnelle locale. Sur les marchés où la scène LinkedIn locale est dense et active (la zone DACH, la France, le Benelux), le fil en langue locale est vivant et saturé de professionnels du pays. Un post en anglais y passe pour un contenu venu d'ailleurs, légèrement à côté de la plaque, et l'algorithme comme l'audience récompensent la voix native. Cela colle à ce que nous observons : l'Allemagne et la France, les deux fils locaux les plus denses, montrent le plus gros avantage à la langue locale.
Hypothèse 2 : le branchement sur le fil international. Sur les marchés où la communauté LinkedIn locale est plus mince ou plus tournée vers l'international, un post en anglais cesse de se battre dans un petit bassin local et se branche sur l'immense fil international. L'Italie et l'Espagne ont peut-être simplement des communautés professionnelles locales plus petites et moins refermées sur elles-mêmes, si bien que les posts en anglais y trouvent une audience plus large et plus engagée que leur équivalent en langue locale. Les quasi-égalités du Brésil et de l'Indonésie seraient alors des marchés posés pile sur la ligne de partage.
Ce sont des récits plausibles, compatibles avec les données. Ils ne sont pas démontrés, et la section suivante explique pourquoi il faut les tenir à distance.
Les biais, honnêtement
Il s'agit d'une comparaison entre des posts, pas d'une expérience contrôlée, et deux choses la brouillent.
L'intention d'audience. Les créateurs qui publient en anglais choisissent souvent l'anglais parce qu'ils visent délibérément une audience internationale. Leurs abonnés ne forment pas un échantillon aléatoire de leur pays, donc nous mesurons en partie à qui ils parlent, pas seulement la langue dans laquelle ils ont tapé.
Les Pays-Bas et le Danemark le montrent le plus clairement. Les posts en anglais y récoltent plus de likes bruts mais un taux d'engagement plus faible, parce que les créateurs qui publient en anglais ont des audiences plus grandes et plus internationales.
La taille du compte. Le taux d'engagement corrige déjà le nombre d'abonnés, et c'est exactement pour ça que nous le mettons en avant plutôt que les likes bruts. Mais il ne peut pas corriger qui sont ces abonnés, ni leur fidélité. Un créateur avec 50 000 abonnés internationaux à la relation distendue et un autre avec 5 000 abonnés locaux très proches n'obtiendront pas du tout le même engagement, et la langue est corrélée au type d'audience qu'un créateur s'est construit.
Lisez donc ceci comme un signal directionnel fort, pas comme une loi physique. (Pour le contexte de taille d'audience derrière ces taux, voyez notre étude compagnon sur le taux d'engagement LinkedIn par pays, et l'explication de ce qui compte comme un bon taux d'engagement sur LinkedIn.)
Le « publie en anglais pour toucher plus de monde » appartient à une famille plus large de gestes qui sonnent comme de la portée et en donnent rarement. Passer par défaut à des textes écrits par l'IA en est l'exemple le plus bruyant : mesuré à grande échelle, les posts IA obtiennent moins d'engagement sur LinkedIn, exactement la même courbe qu'un post en anglais sur le mauvais marché.
Et si vous voulez voir qui gagne réellement dans ces fils, les meilleurs créateurs LinkedIn y sont étudiés, choix de langue compris.
Vous voulez savoir quelle langue marche vraiment pour VOTRE audience ? Ces données sont une moyenne de marché ; vos abonnés, eux, ne sont pas moyens. Les analytics LinkedIn de MagicPost vous montrent les performances de vos propres posts, langue par langue, pour que vous décidiez sur vos chiffres.
Alors, faut-il publier en anglais ? Un cadre de décision
Oubliez la règle universelle. Posez-vous plutôt trois questions.
1. Où sont vos acheteurs ? Toute la décision tient là. Si votre pipeline est national, publiez dans votre langue : l'allemand, le français, le néerlandais et le danois gagnent tous sur le taux d'engagement au nord, et l'Allemagne est le pays où se tromper coûte le plus cher de toute l'étude.
Si votre marché est international, ou si votre communauté LinkedIn locale est mince, l'anglais est le meilleur pari, comme le montrent l'Italie et l'Espagne. Tout le reste de ce cadre n'est qu'un affinage de cette seule question.
2. Sur quel marché êtes-vous vraiment ? La coupure est réelle et nette. Au nord de la ligne (Allemagne, France, Pays-Bas, Danemark) : la langue locale gagne. Au sud de la ligne (Italie, Espagne) : l'anglais gagne. Sur la ligne (Brésil, Indonésie) : c'est assez serré pour que la conviction et la régularité comptent plus que le choix de la langue.
3. Pouvez-vous tenir une stratégie mixte ? La meilleure réponse est souvent les deux. Écrivez dans votre langue pour votre pipeline national, et publiez en anglais vos contenus tournés vers l'international (un lancement de produit, une campagne de recrutement, un compte rendu de conférence). Vous n'avez pas à choisir une langue pour toujours ; vous avez à accorder chaque post à l'audience qu'il vise.
La seule chose à ne pas faire
Ne publiez pas en anglais en Allemagne ou en France juste parce que LinkedIn « fait américain » et que l'anglais paraît plus sûr ou plus professionnel. Cet instinct est exactement l'erreur que ces données attrapent. En Allemagne, il vous coûte la différence entre 0,63 % et 0,38 %, environ un tiers de votre taux d'engagement, sans la moindre contrepartie si votre audience est allemande.
La plateforme est peut-être américaine, votre fil ne l'est pas. Écrivez pour les gens qui vont vraiment vous lire.
D'où viennent ces données
Cette étude tourne sur le corpus de posts de MagicPost. Nous avons comparé des posts LinkedIn écrits en anglais à des posts écrits dans la langue locale, regroupés par pays de l'auteur, sur les 8 marchés du tableau ci-dessus. Les posts ont été classés par langue détectée et par pays de l'auteur, les repartages et les posts exclus étant filtrés. Chaque chiffre est une médiane, pas une moyenne, pour que quelques posts viraux ne puissent pas déplacer une ligne. Le taux d'engagement correspond au nombre médian de likes de l'auteur divisé par son nombre d'abonnés, exprimé en pourcentage ; nous le mettons en avant plutôt que les likes bruts précisément parce qu'il neutralise la taille de l'audience. Les tailles d'échantillon par paire figurent dans le tableau et vont de 864 posts (l'anglais au Brésil) à 174 299 (le français en France).
La grande réserve porte sur le choix de langue lui-même. Personne ne choisit sa langue de publication au hasard, et ceux qui prennent l'anglais courent souvent après une audience internationale, donc des communautés plus grandes et plus mondiales. Chaque écart présenté ici tient donc pour partie à la langue et pour partie à la personne à qui le créateur s'adresse. Ce sont des posts réels comparés côte à côte, pas un essai randomisé, et c'est pour ça que le verdict est un signal directionnel fort plutôt qu'une preuve. Le corpus a été extrait pour la dernière fois en juin 2026.
FAQ
Faut-il publier en anglais sur LinkedIn ?
Ça dépend de votre marché, et la coupure est nette. Nous avons comparé les posts en anglais aux posts en langue locale dans 8 pays, sur le taux d'engagement médian (likes médians divisés par le nombre d'abonnés). Dans le nord de l'Europe, la langue locale gagne : les posts en allemand obtiennent un taux d'engagement de 0,63 % contre 0,38 % pour l'anglais, le français 0,54 % contre 0,43 %, le néerlandais 0,53 % contre 0,39 %, le danois 0,52 % contre 0,44 %. Dans le sud, l'anglais gagne : 0,59 % contre 0,32 % en Italie, 0,49 % contre 0,27 % en Espagne. Le Brésil (portugais 0,26 % contre anglais 0,23 %) et l'Indonésie (anglais 0,27 % contre indonésien 0,22 %) sont presque à égalité. Donc : si vos acheteurs sont dans votre pays et que vous êtes au nord, publiez dans votre langue. Si votre marché est international ou si vous êtes au sud, l'anglais est le meilleur choix.
Publier en anglais donne-t-il plus de portée sur LinkedIn ?
Pas automatiquement, et sur plusieurs marchés ça vous coûte vraiment quelque chose. L'intuition selon laquelle l'anglais touche « tout le monde » ne paie que là où la communauté LinkedIn locale est assez mince pour que l'anglais vous branche sur le fil international plus large (Italie, Espagne). Sur les marchés locaux denses comme l'Allemagne et la France, un post en anglais passe pour un contenu venu d'ailleurs et obtient un taux d'engagement nettement inférieur à son équivalent en langue locale. En Allemagne précisément, les posts en anglais obtiennent 0,38 % de taux d'engagement contre 0,63 % pour l'allemand, soit environ un tiers de moins, alors même que les likes médians bruts sont quasi identiques (54 contre 56).
Pourquoi l'anglais gagne-t-il en Italie et en Espagne mais perd-il en Allemagne et en France ?
C'est une interprétation, pas un fait démontré, mais la raison la plus probable tient à la densité de la communauté professionnelle locale. En Allemagne et en France, le fil en langue locale est vaste et actif : les posts en langue native gagnent et l'anglais paraît déplacé. En Italie et en Espagne, la communauté locale semble plus mince ou plus tournée vers l'international, si bien qu'un post en anglais se branche sur le fil mondial, plus grand, et dépasse la langue locale. L'Italie affiche le plus gros avantage à l'anglais (0,59 % en anglais contre 0,32 % en italien), l'Allemagne le plus gros avantage à la langue locale (0,63 % en allemand contre 0,38 % en anglais).
Dois-je publier en anglais si mon audience est en Allemagne ou en France ?
Non, pas si votre audience est réellement nationale. C'est le seul « à ne pas faire » clair de ces données. Publier en anglais en Allemagne ou en France parce que la plateforme « fait américain » vous coûte de l'engagement sans rien vous rapporter : l'allemand gagne 0,63 % contre 0,38 %, et le français 0,54 % contre 0,43 %. L'exception concerne les contenus délibérément destinés à une audience internationale (un lancement de produit, une campagne de recrutement, un compte rendu de conférence), où l'anglais se justifie. Sur ces marchés, la meilleure approche est souvent mixte : votre langue pour le pipeline national, l'anglais uniquement pour les contenus tournés vers l'international.
S'agit-il d'une expérience contrôlée ?
Non. C'est une comparaison entre de vrais posts LinkedIn, regroupés par langue et par pays, pas un test randomisé. Le biais principal est l'intention d'audience : les créateurs qui publient en anglais choisissent souvent cette langue parce qu'ils visent une audience internationale, donc ils portent des communautés plus grandes et plus mondiales. Cela se voit aux Pays-Bas et au Danemark, où les posts en anglais récoltent plus de likes bruts mais un taux d'engagement plus faible que les posts en langue locale. Nous mettons en avant le taux d'engagement (likes divisés par abonnés) pour neutraliser la taille de l'audience, mais il ne sépare toujours pas complètement la langue du type d'audience qu'un créateur s'est construit. Prenez les résultats comme un signal directionnel fort.
Quel est le meilleur moment pour publier sur ces marchés ?
La langue n'est qu'un levier ; l'horaire en est un autre. Nous avons des guides dédiés, appuyés sur des données, pour les deux plus gros marchés de cette étude : le meilleur moment pour publier sur LinkedIn en France et le meilleur moment pour publier sur LinkedIn en Allemagne. Associez la bonne langue au bon horaire d'envoi et vous optimisez les deux leviers que vous contrôlez vraiment.
> Arrêtez de deviner quelle langue fonctionne. Rédigez, planifiez et suivez chaque post dans MagicPost, puis lisez les résultats langue par langue, et laissez votre propre audience trancher la question anglais contre langue locale à la place d'une règle valable pour tout le monde.









